La matrescence : pourquoi vous ne vous reconnaissez plus (et pourquoi c'est normal)
Publié le par l'équipe Edulya

Un mot qui manquait
« Je ne me reconnais plus. » C'est peut-être la phrase la plus prononcée — ou la plus retenue — des premiers mois. Le corps a changé, les priorités ont basculé, les émotions débordent, et la femme d'avant semble à la fois toute proche et introuvable. Ce grand chamboulement porte un nom : la matrescence. Le mot a été forgé par une anthropologue dans les années 1970, sur le modèle d'« adolescence » — parce que c'est exactement ça : une métamorphose complète, physique, émotionnelle et identitaire, qui fait passer de femme à mère.
Pourquoi ce mot fait tant de bien
Parce qu'il transforme une inquiétude en processus. À l'adolescence, personne ne s'étonne qu'on se cherche, qu'on soit à fleur de peau, qu'on ne sache plus très bien qui on est : c'est le passage qui veut ça. La matrescence, c'est pareil — mais on a oublié de vous le dire. Alors quand tout tangue, on croit que c'est nous le problème. Non : c'est la traversée qui secoue, pas la voyageuse.
Ce que la matrescence chamboule, concrètement
- L'identité : « qui suis-je, maintenant que je suis la maman de quelqu'un ? » — la question est vertigineuse et parfaitement légitime.
- Les émotions : tout est plus intense, l'amour comme l'inquiétude, la joie comme l'agacement. L'ascenseur émotionnel fait partie du voyage.
- Le couple, les amitiés, le travail : chaque relation se réajuste, et certaines prennent du temps à retrouver leur place.
- Le rapport au temps : les journées sont pleines et floues à la fois — « qu'est-ce que j'ai fait aujourd'hui ? » Tout. Vous avez tout fait.
Combien de temps ça dure ?
Il n'y a pas de calendrier. L'adolescence ne dure pas trois semaines ; la matrescence non plus. Des mois, souvent plus — et ce n'est pas un problème à régler, c'est une transformation à vivre. Ce qui aide : en parler, s'entourer de femmes qui traversent la même chose, et se rappeler que la femme d'avant n'a pas disparu. Elle s'agrandit.
Le piège de la « maman naturelle »
On entend partout que l'instinct maternel ferait tout, tout de suite. La réalité est plus douce et plus honnête : on apprend à être maman comme on apprend tout le reste — en le faisant, en se trompant, en recommençant. L'attachement lui-même prend parfois du temps à s'installer, et ça ne dit rien de la maman que vous êtes. Si le sentiment de ne pas y arriver s'installe et pèse, parlez-en à votre sage-femme : distinguer une traversée normale d'une vraie souffrance, c'est exactement son métier.
Vous n'êtes pas en train de vous perdre
Vous êtes en train de devenir. C'est inconfortable, c'est long, c'est magnifique par moments et épuisant à d'autres — comme toutes les métamorphoses. Et ça se vit tellement mieux accompagnée : c'est exactement pour ça qu'on a créé le cercle « Entre mamans ». Venez lire ce que les autres traversent, vous allez vous reconnaître.
Prenez soin de vous — l'équipe Edulya ♥
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